“Margaret Thatcher : Libérale, oui, mais comment?”

Génération Libre, Paris, novembre 2016

Faire baisser les dépenses publiques de 100 milliards d’euros, supprimer 500 000 postes dans le fonction publique, favoriser les modalités du licenciement et déréguler la durée du travail, mais aussi promouvoir une plus grande autonomie scolaire, autant de propositions de François Fillon, candidat à la primaire de la droite, qui le rapprochent, nous dit-on, de Margaret Thatcher, dont il s’est lui-même plusieurs fois réclamé. Mais qu’en est-il vraiment ?

Cette note revient sur le bilan des deux mandats de Margaret Thatcher en matière de lutte contre l’inflation, de libéralisation des prix et des marchés, de la réforme de l’Etat-Providence, et de l’impact sur le chômage, la croissance, la pauvreté et les inégalités.

Les différences économiques et sociales entre la France d’aujourd’hui et le Royaume-Uni d’alors empêchent d’envisager un simple décalque d’un pays sur l’autre. En revanche, le contexte qui a présidé à l’avènement du thatchérisme – un pays souffrant de blocages et dont la population aspirait à plus de liberté économique –, sa philosophie fondamentale – la volonté de rééquilibrer les rapports entre l’Etat et la société civile à la faveur de celle-ci – et sa méthode – la conviction et l’obstination – sont bel et bien valables pour notre temps et notre pays.

Le programme de François Fillon ne peut être une reconduction de celui de Margaret Thatcher, pour la simple raison que certaines de ses grandes réformes – la fin du contrôle des prix, les privatisations, la baisse de l’inflation – ne sont plus d’actualité en France.

Cependant, vouloir restreindre la taille de l’Etat ou encore déréguler le marché du travail sont manifestement des points communs entre ces deux figures politiques. Surtout, c’est dans la détermination de desserrer le carcan d’une économie trop régulée que l’affinité entre Fillon et Thatcher est indéniable.

« Aujourd’hui, fini de rêver » avait dit un jour Thatcher. Fillon pourrait bien reprendre la formule à son compte.